Tirana se visite en deux jours. Le pays qui l’entoure demande beaucoup plus, et c’est précisément ce qui rend la capitale albanaise si pratique comme camp de base. En moins d’une heure de route, vous passez d’un boulevard bordé d’immeubles colorés à un lac de barrage encaissé, à une forteresse ottomane ou à une plage de l’Adriatique. Le seul vrai prérequis est une voiture, car les transports publics desservent mal la plupart des sites ci-dessous.

Avant de partir, deux détails logistiques. Le stationnement payant dans le centre de Tirana est organisé en trois zones, à 100, 40 et 20 leks de l’heure selon la proximité du centre, et se règle par SMS au 50500 ou via l’application municipale Tirana Ime. Et sur l’autoroute A1 en direction du nord, la section Thumanë-Kashar est à péage depuis janvier 2025, à 250 leks pour une voiture.
Kruja : la ville de Skanderbeg
Vingt kilomètres au nord, quarante à cinquante minutes de route, et une montée en lacets jusqu’à un balcon accroché au flanc de la montagne. Kruja est la ville de Gjergj Kastrioti, dit Skanderbeg, le héros national qui tint tête aux Ottomans au XVe siècle depuis cette citadelle.
L’enceinte du château et le vieux bazar sont en accès libre. Le musée Skanderbeg, installé dans un bâtiment moderne à l’intérieur des murs, se visite pour environ 500 leks, en espèces uniquement, et sa terrasse supérieure offre la meilleure vue de la ville. Le bazar, avec ses échoppes de tapis, de cuivre et d’antiquités plus ou moins authentiques, se parcourt en une heure. Si vous avez le temps et le pied sûr, la route en lacets qui monte au-dessus de Kruja mène vers 1 100 mètres à la grotte de Sari Salltik, lieu de pèlerinage bektachi.
Le mont Dajti : le balcon de la capitale

Le Dajti domine Tirana à l’est et se rejoint de deux façons. Le téléphérique Dajti Ekspres part de Porcelan, à l’est de la ville, et met un quart d’heure pour franchir 4,7 kilomètres. Comptez autour de 1 400 à 1 500 leks l’aller-retour, soit une quinzaine d’euros, et notez que l’installation ferme le mardi. Prévoyez des espèces, la billetterie n’accepte pas toujours la carte.
L’autre solution consiste à monter en voiture par la route du parc national, étroite et parfois dégradée, mais praticable avec un véhicule ordinaire. Au pied de la station inférieure du téléphérique se trouve Bunk’Art 1, l’immense bunker antiatomique construit pour Enver Hoxha, transformé en musée sur cinq niveaux souterrains. L’entrée est à 900 leks et il faut compter deux heures.
Le lac de Bovilla et le belvédère de Gamti
C’est l’excursion la plus spectaculaire des environs immédiats, et la seule qui pose un vrai problème de véhicule. Le lac de Bovilla, réservoir d’eau potable de Tirana, se trouve à environ 25 kilomètres au nord-est, soit une heure de route. Les deux tiers du trajet sont sur asphalte correct, mais la dernière portion est en terre, défoncée et très raide.
Une berline ordinaire y parvient par temps sec, avec prudence. En revanche, beaucoup de contrats de location excluent les routes non revêtues, et les dégâts éventuels ne seraient alors pas couverts : vérifiez vos conditions avant de vous engager. Depuis le parking supérieur, le belvédère dit « balcon de Bovilla » se gagne en trente à quarante-cinq minutes de marche, avec un escalier métallique fixé dans la roche sur la fin. La baignade est interdite dans le lac.
La grotte de Pëllumbas et le canyon de l’Erzen
Vingt-sept kilomètres au sud-est de Tirana, quarante-cinq minutes de route, puis deux kilomètres de sentier en montée depuis le village de Pëllumbas. La Shpella e Zezë, la « grotte noire », s’ouvre vers 350 mètres d’altitude et se parcourt sur quelques centaines de mètres. Elle n’est pas éclairée : une lampe frontale est indispensable, et les chauves-souris font partie du décor.
En contrebas, le canyon de l’Erzen creuse la roche sur plus de cent mètres de profondeur, avec des vasques où l’on se baigne en été. Prévoyez la demi-journée et de bonnes chaussures.
Berat est à environ deux heures par l’A2, sur de bonnes routes. C’est la seule destination de cette liste qui mérite une nuit sur place, mais elle reste faisable dans la journée si vous quittez Tirana avant huit heures.
La ville ottomane, classée à l’UNESCO, étage ses maisons blanches à fenêtres multiples de part et d’autre de l’Osum. La citadelle n’est pas une ruine mais un quartier habité, avec ses églises byzantines et ses habitants permanents. L’entrée coûte 300 leks au guichet, un peu moins en ligne. Le musée Onufri, aménagé dans l’église de la Dormition, rassemble des icônes du XVIe siècle qui justifient à elles seules le détour. Garez-vous en bas et montez à pied : les ruelles pavées de la citadelle sont difficiles en voiture et le stationnement y est très limité.
Durrës est à quarante-cinq minutes par l’autoroute, sur la meilleure route du pays. L’amphithéâtre romain, construit sous Trajan et l’un des plus grands des Balkans, se visite pour environ 300 leks. La ville elle-même est bétonnée et bruyante en été, mais elle constitue une bonne introduction à l’Albanie balnéaire.
Pour quelque chose de plus calme, poussez au nord vers le cap de Rodon, à une heure ou une heure et demie de Tirana. On y trouve les ruines du château de Skanderbeg face à la mer et la petite église Saint-Antoine. Attention toutefois : l’état de la dernière portion de route varie selon les sources et les chantiers en cours, renseignez-vous localement avant de vous y engager avec une citadine.
Shkodra et le château de Rozafa
Une heure trente à deux heures au nord, Shkodra est la porte des Alpes albanaises. Le château de Rozafa surplombe le confluent de la Buna et du Drin, avec ses trois cours successives et les vestiges d’une église vénitienne du XIIIe siècle devenue mosquée. L’entrée tourne autour de 400 leks, en leks et en espèces. Prolongez par Shiroka, au bord du lac de Shkodra, pour déjeuner face à l’eau.
Qafë Shtamë et la cascade de Shëngjergj
Deux options pour une journée verte. Le parc national de Qafë Shtamë, au-dessus de Kruja, est gratuit et ouvert en permanence : forêts de pins, sources d’eau froide, aires de pique-nique et sentiers de toutes longueurs. La route est correcte sans être large.
La cascade de Shëngjergj, à trente-sept kilomètres à l’est par Farkë et Shkallë, demande une heure de route et vingt minutes de marche depuis le restaurant du même nom. Elle tombe d’une trentaine de mètres et donne son plein effet au printemps, à la fonte des neiges.
Louer la voiture et conduire
Les grandes enseignes internationales sont présentes à l’aéroport de Tirana, mais les loueurs albanais indépendants pratiquent souvent des tarifs deux fois inférieurs, avec une caution faible et sans obligation de carte de crédit. Comparer l’offre de la location de voiture en Albanie avant de réserver prend cinq minutes et change sensiblement le budget : comptez 7 à 12 euros par jour pour une petite voiture hors saison.


Côté conduite, les limitations sont de 40 km/h en agglomération, 80 sur route et 110 sur autoroute, la tolérance à l’alcool est nulle dans les faits (0,01 %) et les contrôles sont fréquents. Le carburant est cher, autour de 205 leks le litre pour le sans-plomb. Enfin, évitez de rouler de nuit hors des villes : l’éclairage est inexistant, les glissières manquent et les véhicules non éclairés ne sont pas rares.





